A bien des moments je me retire du monde. Je ne suis pas bien loin, je suis là, mais absent. Un simple MP3 qui beugle dans mes oreilles me coupe du monde. Je respire. Je suis dans un autre monde. J'en profite pour prendre du recul, sur moi, ma vie, les autres, lui, elle, tout ce que j'ai fait, ferai ou non...
Ces moments là, je les réitère à de nombreuses reprises. Peu importe l'endroit. Peu importe le moment. Parfois en cours, en pleine conversation, devant un film, dans la rue... Je perds mon attention. Un mot, une phrase, me fait dériver dans mes songes. Je réfléchis à tout. Voire à rien.
Les gens disent de moi que je suis discret. Je ne parle jamais en cours, de toutes manières je suis seul dans mon rang. Quand la pause arrive, je reprends mon MP3, je lis. Quelquefois je parle avec un "ami". Peu souvent. De discret, je passe alors à asocial. Je suis "LE solitaire de la classe". Le mouton noir. Celui avec qui on n'a rien en commun sinon le silence. Alors on m'oublie. Tant mieux, c'est tout ce que je demande. Pourtant, j'aime quand même être avec mes "amis".
Des "amis"...
Difficile de se sentir apprécié lorsqu'un silence oppressant se fait à votre arrivée. Un simple bonjour, un maigre sourire, des nouvelles du cousin Machin... Et puis plus rien. L'ambiance se tend. On vous fait sentir que vous êtes l'intrus. Après tout, on dit bien qu'il ne faut jamais être un groupe impair. Je suis le troisième. Alors le silence se fait de plus en plus présent jusqu'à ce que la cloche sonne. On essaye de parler des cours. L'un ne supporte plus les profs, trouve qu'il les voit trop souvent pour les apprécier. Et puis, on vous lance une belle maxime que vous attrapez avec un masque pourvu d'un large sourire : "Je trouve qu'on se lasse des gens quand on les voit trop souvent."
Le lendemain, elle seule est là. Midi. Elle s'ennuie. Alors mon portable sonne. Je m'installe à une table avec elle. Elle me sourit, fait mine de s'intéresser, me raconte sa vie. Il arrive. Je m'efface, je n'ai pas d'autre choix.
La désagréable sensation de se sentir de trop et de seulement être présent pour combler un vide éphémère.
Mon lot quotidien...










